Diplômée de l’École Nationale Supérieure de Beaux-Arts de Paris en 2026, elle y a cotoyé les ateliers de Nina Childress puis de Nathalie Talec.
Elle a participé à différentes expositions collectives à Paris, telles que «En Quatrième Vitesse» à la Galerie du Crous (2024), ou encore à la Biennale de Paname V à la Patinoire de Saint-Ouen (2025). Elle a également réalisé sa première exposition personnelle, «This Pantomime Carnage !», en collaboration avec La Case Contemporaine en 2024.
Dans le travail de Mathilde Puig, il y a quelque chose qui tient de la charade et de la fable : Elle prend le langage au pied de la lettre, et en fait des objets. Déplacer le figuré en littéral, rendre tangible un invraisemblable, c’est à partir de ce geste fondamental que se construit un bestiaire de figures hybrides, réinterprétées, tirées de la culture populaire ou du répertoire animalier le plus commun. Ces figures existent à la croisée de plusieurs imaginaires, celui de l’enfance et de ses icônes, celui de la blague et du jeu de mots, celui aussi des arts narratifs et fantastiques qui, de l’Antiquité au Moyen Âge, ont toujours su peupler le monde de créatures improbables. Réinjectées dans le réel sous des formes décalées, elles semblent tout droit sorties d’un conte dont on aurait perdu la morale, ou d’un lexique enfantin poussé jusqu’à l’absurde. Elles arrivent dans l’espace d’exposition avec des couleurs franches, des matières douces, des surfaces travaillées avec soin, sculptures en plâtre, en résine, en silicone, en bois taillé, peintures à l’huile aux touches généreuses. Leur apparence est séduisante, presque familière. C’est dans l’écart entre ce qu’on croit reconnaître et ce qu’on a réellement sous les yeux que quelque chose se produit : un sourire d’abord, puis une légère hésitation, celle de créatures qui n’auraient pas tout à fait leur place dans le monde, et qui pourtant s’y imposent.
Mathilde Puig s’inscrit dans une tradition qui articule langage, narration et objet, et qui traite la culture populaire et le kitsch non pas comme un défaut mais comme une matière première à part entière. L’effet comique y est réel, assumé, revendiqué comme mode opératoire sérieux, à rebours d’un milieu de l’art contemporain qui tend à s’en méfier. Le kitsch, le populaire, le cartoonesque ne sont pas des points de départ ironiques mais des matériaux traités avec la même rigueur formelle que n’importe quel autre vocabulaire plastique, capables de produire du sens, de l’étrangeté, et un rapport au regardeur qui joue franc jeu.
CV
PORTFOLIO
[EN]
Mathilde Puig is a French artist, born in 2002 in Paris (France).
She graduated from the École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris in 2026, where she studied first in Nina Childress's studio and then in Nathalie Talec's studio.
She has taken part in several group exhibitions in Paris, including "En Quatrième Vitesse" at the Galerie du Crous (2024), and the Biennale de Paname V at the Patinoire de Saint-Ouen (2025). She also held her first solo exhibition, "This Pantomime Carnage!", in collaboration with La Case Contemporaine in 2024.
There is something of the charade and the fable in Mathilde Puig's work: she takes language at its most literal, turning words into objects. Shifting the figurative into the literal, giving tangible form to the improbable, this founding gesture is what gives rise to a bestiary of hybrid figures, reinterpreted and drawn from popular culture or from the most ordinary animal vocabulary. These figures sit at the crossing point of several imaginaries: childhood and its icons, the joke and the pun, and the narrative and fantastical arts that, from antiquity through the Middle Ages, have always populated the world with improbable creatures. Reinjected into reality in skewed forms, they seem to have stepped straight out of a fable whose moral has been lost, or out of a child's vocabulary pushed to the point of absurdity. They enter the exhibition space in bold colors and soft materials, with surfaces worked with real care: plaster, resin, and silicone sculptures, carved wood, oil paintings built up in generous strokes. Their appearance is appealing, almost familiar. It is in the gap between what we think we recognize and what is actually in front of us that something happens: a smile first, then a slight hesitation, the hesitation of creatures that don't quite have a place in the world and yet impose themselves within it anyway.
Mathilde Puig works within a tradition that brings together language, narrative, and object, treating popular culture and kitsch not as a flaw but as raw material in its own right. The comic effect here is real, deliberate, claimed as a serious mode of operation, running against the grain of a contemporary art world that tends to be wary of it. Kitsch, the popular, the cartoonish are not ironic starting points but materials handled with the same formal rigor as any other plastic vocabulary, capable of producing meaning, strangeness, and an honest, direct relationship with the viewer.